La prison d’Isparat
J’Ă©tais sur le point de m’endormir lorsque j’entendis la lourde porte de la cellule voisine se refermer et, peu après, les cris plaintifs de son occupante. Les gardes Ă©taient probablement en train de la violer. Avant, celĂ m’aurait offensĂ©, effrayĂ©, mais depuis le temps oĂą je suis lĂ , j’ai vu et entendu des choses dĂ©jĂ bien pires. Et de toute façon, tout le monde a dĂ©jĂ Ă©tĂ© violĂ© au moins une fois ici, y compris moi. J’ai en quelque sorte acheter la gentillesse des gardes en ne les repoussant pas en allant mĂŞme jusqu’Ă les complimenter. Maintenant ils me respectent et ne m’utilisent plus comme un objet. J’ai de la chance. Je me suis mĂŞme fait ami avec certains. Mais les hommes restent des hommes et n’hĂ©sitent pas Ă se soulager auprès des autres dĂ©tenues.
Tiens, je viens de me rendre compte que je ne me suis pas encore présentée. Je suis Tina.
OĂą en Ă©tais-je dĂ©jĂ ? Ah oui, les gardes. Cette prison n’est pas comme les autres. Les gardes, ainsi que les prisonnières (il n’y a aucun dĂ©tenu de sexe masculin) n’en ressortent jamais vivant. C’est pour cela que les gardes nous violent.. du moins, ceux qui sont hĂ©tĂ©ros.
Assez de blabla sur cette prison. Si je ne vous explique pas mon histoire vous ne comprendrez jamais ce que je vous dit Ă propos de cet endroit. Je vais donc vous raconter mon histoire. Il y a de cela quelques annĂ©es, j’avais deux beaux enfants; Sandrile et Laurent, ainsi qu’un mari. Il s’appellait Marc. Je travaillais fort, tout comme Marc, pour nourrir nos deux enfants. Tellement que j’en nĂ©gligeai la surveillance de Sandrine et Laurent. Et, un jour d’octobre, je m’en souviens très bien, j’ai aperçu un homme s’amuser d’un façon.. d’un façon plus que choquante avec mes enfants, mes deux bĂ©bĂ©s. J’Ă©tais tellement fâchĂ©e par ce que je venais de voir que je n’ai pas rĂ©flĂ©chi et j’ai tuĂ© cet homme de mes propres mains. Le problème, c’est que je n’avais pas de quoi me dĂ©fendre en Cour : j’avais tuĂ© un homme et Sandrine et Laurent gisaient dans une marre de sang Ă mes pieds. Je ne sais pas trop ce qui s’est passĂ© pour que les enfants se retrouvent.. mort. J’Ă©clatai donc en sanglot, ne sachant que faire. Marc m’entendit et vint me retrouver. Il trĂ©bucha sur un cailloux et.. le couteau que je tennais encore lui transperça le ventre.
Vous me prenez probablement pour une folle Ă ma façon de raconter les faits. Je manque un peu de.. pudeur mais après avoir passĂ© des annĂ©es des cettes prison, les Ă©motions humaines ne sont presque plus existantes. Et vous avez en parti raison de me prendre pour une folle car j’ai rĂ©alisĂ©, il n’y a de cela moins d’une annĂ©e, que la vraie meutrière c’Ă©tait moi et que l’homme qui abusait de mes enfants n’a jamais existĂ©. Mais avant de vous expliquez tout ça, laissez-moi finir mon histoire.
Donc, je continue oĂą je me suis arrĂŞtĂ©e. Je ne savais que faire. Je sortis donc dans la rue pour trouver de l’aide. Ce fut mon erreur. Je venais tout juste de rĂ©alisĂ© que j’avais tuĂ© au moins 2 personnes, si ce n’Ă©tait pas plus et qu’on hĂ©siterait pas Ă me faire porter le chapeau pour mes deux enfants. De plus, j’Ă©tais couverte de sang, difficile de passer inaperçue.
[...] À suivre
